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Coronavirus - Et si nous vous parlions des solutions ?

Date:   mercredi 11 mars 2020
Auteur:   Qualibroker

Coronavirus 2020 - Milonda Michelotti

Depuis décem­bre 2019, le coro­n­avirus a fait son appari­tion avec pour foy­er la ville de Wuhan en Chine, véri­ta­ble fief stratégique pour nom­bre d’industries (auto­mo­bile, élec­tron­ique, chimie…) et comp­tant ain­si sur place, de nom­breuses entre­pris­es du monde entier dont des entre­pris­es Suiss­es. Alors que l’impact économique pre­nait déjà de l’ampleur en gelant les activ­ités de cette zone clé du com­merce inter­na­tion­al, l’épidémie s’est peu à peu éten­due dans d’autres pays d’Europe et nous devons dès lors faire face à cette réal­ité tant sur le plan humain que le plan économique. Pour rap­pel, les coûts liés au virus Ebo­la sur­venu en 2014 – 2015 avaient été estimés à 10 mil­liards de dol­lars US. En 2003, l’Epidémie de SRAS a entrainé des pertes économiques de 54 mil­liards US dans le monde. Enfin en 2015, la Corée du Sud avait déclaré avoir per­du env­i­ron 90 mil­lions de dol­lars relat­ifs à l’annulation des vis­ites touris­tiques prévues cette année-là en rai­son de la médi­ati­sa­tion du virus SRMO. Bien que les taux de mor­tal­ité soient plus faibles qu’auparavant grâce à l’évolution de la médecine et de ses infra­struc­tures, l’impact économique, lui, né cesse d’augmenter.

Rélex­ions et notions


Au regard de nos expéri­ences passées, il est dif­fi­cile­ment con­cev­able de se dire, qu’encore de nos jours, l’impact d’une épidémie ou d’une pandémie sur notre économie mon­di­ale soit aus­si impor­tant. Plusieurs raisons expliquent cela. En pre­mier lieu, les gou­verne­ments sont bien sou­vent mal pré­parés face à ce genre d’évènement et les investisse­ments réal­isés par ceux-ci sont générale­ment large­ment inférieurs aux esti­ma­tions jugées néces­saires pour répon­dre à ce type de crise.
En 2016, la Com­mis­sion on a Glob­al Health Risk Frame­work for the future pub­lia un rap­port men­tion­nant que les pertes économiques mon­di­ales liées à des pandémies étaient estimées en moyenne à hau­teur de 60 mil­liards US par année. L’investissement moyen recom­mandé était quant à lui d’environ 4.5 mil­liards US par année. Même s’il existe plusieurs solu­tions d’envergure mon­di­ale pour les pays touchés en vue de faire face à une pandémie (PEF, Fonds d’assurance, Cats Bond), la sit­u­a­tion que nous con­nais­sons aujourd’hui n’est pas encore qual­i­fiée offi­cielle­ment en tant que telle et demeure en l’état actuel une épidémie.
À ce titre, on dis­tinguera une pandémie d’une épidémie par l’ampleur de son foy­er tant sur le plan géo­graphique que sur sa grav­ité. Le foy­er d’une épidémie sera générale­ment lim­ité à une région ou un pays alors que celui de la pandémie aura une portée con­ti­nen­tale voire mon­di­ale. Actuelle­ment, mal­gré la prop­a­ga­tion du coro­n­avirus dans plusieurs pays, ceux-ci né sont pas encore con­sid­érés comme foy­ers par l’OMS.

Compte tenu des élé­ments évo­qués précédem­ment, les entre­pris­es Suiss­es se trou­vent peu à peu con­fron­tées à plusieurs sit­u­a­tions découlant de l’existence et de la prop­a­ga­tion du virus dans le monde.
Inca­pac­ité à tra­vailler du per­son­nel expa­trié dans les zones con­t­a­m­inées ; impor­ta­tions et expor­ta­tions gelées ; baisse de l’activité et du revenu ; annu­la­tion des man­i­fes­tions ; fer­me­tures pour raisons san­i­taires ; baisse du tourisme et de la fréquen­ta­tion ; annu­la­tion des réser­va­tions ; toutes ces inci­dences sont déjà présentes ou suiv­ent et leur impact économique com­mence déjà à se faire ressen­tir.
Mais alors, quelles solu­tions exis­tent pour se pré­mu­nir con­tre ses évène­ments, en béné­fi­ciez-vous ? Quelles sont les alter­na­tives pour lim­iter l’impact des épidémies ou des pandémies sur votre activité ?

La ges­tion des risques

Nom­bre de secteurs sont con­cernés par le risqué d’une épidémie, on pensera notam­ment à la man­u­fac­ture, aux étab­lisse­ments de soin, à l’éducation, aux hôtels, à la restau­ra­tion ou encore aux transporteurs.

Par­mi les risques aux­quels sont con­fron­tées les entre­pris­es on retrou­vera entre autres, la perte ou l’absence du per­son­nel, la baisse de pro­duc­tion et des trans­ac­tions, l’instauration d’une philoso­phie de la peur et les dom­mages à la répu­ta­tion qui en découlent ou encore les retards de livrai­son ou annu­la­tion des fournisseurs…

Afin d’y faire face, les sociétés peu­vent faire appel à dif­férents outils.

On évo­quera en pri­or­ité la mise en place de straté­gies de pré­pa­ra­tion per­me­t­tant de définir les inter­ven­tions d’urgence à réalis­er, les solu­tions per­me­t­tant la con­ti­nu­ité de l’activité en cas de crise ain­si qu’un plan de ges­tion et de com­mu­ni­ca­tion de crise. Ce tra­vail néces­site une sur­veil­lance et des ajuste­ments con­ti­nus afin de tou­jours être en cor­réla­tion avec un envi­ron­nement de plus en plus complexe.

Pour per­me­t­tre cette approche, les sociétés devront dans un pre­mier temps iden­ti­fi­er leurs risques et les éval­uer au moyen de ques­tion­nements clés :

Com­ment l’activité peut-elle être pour­suiv­ie en cas d’impossibilité d’exporter/importer en rai­son d’une épidémie ?

Avons-nous un pro­duit ou un ser­vice représen­tant une part majori­taire de nos résul­tats ? Pou­vons-nous ou devons-nous se con­cen­tr­er unique­ment sur celui-ci ou devons-nous met­tre en place une stratégie de diver­si­fi­ca­tion pour se prémunir ?

Dis­posons-nous des ressources suff­isantes pour assur­er la con­ti­nu­ité de l’exploitation en cas d’épidémie (per­son­nel, stock…)

Avons-nous du per­son­nel clé ? Son décès aurait-il une inci­dence sur la société ? Que pou­vons- nous faire pour lim­iter cet impact ?

Nos employés sont-ils suff­isam­ment sen­si­bil­isés pour éviter des con­ta­gions inutiles ou une mon­tée de la peur en cas d’épidémie ?

Avons-nous un proces­sus d’alerte aux autorités com­pé­tentes en cas de crise san­i­taire ou d’épidémie ?

Avons-nous du per­son­nel à l’étranger ? Que devrons-nous faire en cas d’épidémie sur nos sites (Télé­tra­vail…) ? Avons-nous les moyens de rap­a­tri­er notre per­son­nel ou de leur per­me­t­tre de con­tin­uer l’activité autrement ?

Pour nom­bre des répons­es don­nées à ces ques­tions, divers­es mesures d’ordre organ­i­sa­tion­nelles, physiques ou encore stratégiques pour­ront être mis­es en œuvre afin de lim­iter l’impact d’une épidémie sur l’activité. Ces mesures sont extrême­ment nom­breuses, rai­son pour laque­lle, nous renon­cerons à les détailler sur le présent article.

Ce pre­mier volet achevé, il con­vien­dra de se ren­seign­er au sujet des cou­ver­tures d’assurance exis­tantes et de con­clure celles pou­vant répon­dre aux besoins de l’entreprise.

À ce jour, plusieurs types de cou­ver­tures exis­tent pour cou­vrir les con­séquences d’une épidémie. Pour ma part, j’orienterai ma réflex­ion unique­ment sur cer­taines d’entre elles.

L’assurance Perte d’exploitation

D’une façon générale, les assur­ances « perte d’exploitation » cou­vrent la perte de pro­duits et les frais sup­plé­men­taires qui découlent d’un dom­mage matériel assuré causé aux objets assurés par le con­trat. La notion de dom­mage matériel lim­ite ain­si la pos­si­bil­ité de voir inclue dans la cou­ver­ture de base, les con­séquences pécu­ni­aires dues à une mal­adie puisque d’une part, aucun bien n’a été endom­magé et que d’autre part, la cause ini­tiale peut être con­sid­érée comme étant un dom­mage corporel.

De la même façon, les dom­mages de réper­cus­sion qui pro­tè­gent vos intérêts en cas de sur­ve­nance d’un sin­istre assuré chez vos four­nisseurs ou clients exi­gent égale­ment la présence d’un dom­mage matériel sur leur site. Ain­si, la cou­ver­ture perte d’exploitation à elle seule, né suf­fit pas à cou­vrir les con­séquences d’un coronavirus.

À not­er cepen­dant que les pertes d’exploitation dites « sans dom­mages » exis­tent dans le monde. Ce type de pro­duit est davan­tage con­nu en France ou en Bel­gique mais n’est toute­fois pas un « risqué désiré » par les assureurs. Par ailleurs, les assureurs français ont récem­ment con­fir­mé que moins de 10% des entre­pris­es français­es présentes en Chine sont cou­vertes par ce type de police. En rai­son des récents évène­ments, les assureurs sont d’autant plus réti­cents à cou­vrir ce genre de risqué au motif de leur nature imprévis­i­ble et dif­fi­cile­ment quan­tifi­able. En Suisse, le pro­duit tel quel est qua­si inex­is­tant mais nous dis­posons cepen­dant d’une cou­ver­ture com­plé­men­taire nom­mée l’assurance Epidémie qui vient com­pléter les presta­tions de l’assurance perte d’exploitation traditionnelle.

L’assurance Epidémie per­met de cou­vrir les con­séquences finan­cières des cas d’interruption d’activité ordon­nées par une autorité com­pé­tente tels que :

La fer­me­ture totale ou par­tielle, la mise en quar­an­taine ou la diminu­tion de l’activité de votre entreprise

L’interdiction de tra­vailler faite aux col­lab­o­ra­teurs de l’entreprise

L’ordre ou la recom­man­da­tion de dés­in­fecter ou de détru­ire des marchandises.

Cette assur­ance pren­dra en charge les pertes de revenu de l’exploitation, les frais sup­plé­men­taires de l’entreprise, les éventuels coûts salari­aux con­sé­cu­tifs à une inter­dic­tion d’activité ou encore les frais de désinfection.

Générale­ment, cette cou­ver­ture d’assurance est pro­posée aux secteurs d’activité à risqué tels que les hôtels, les restau­rants, les étab­lisse­ments de soins ou encore les écoles.

Il est recom­mandé de faire par­ti­c­ulière­ment atten­tion aux lim­i­ta­tions de garantie ou de sommes d’assurance sou­vent présentes à la fois dans votre police d’assurance et dans vos con­di­tions générales d’assurance. À titre d’exemple, il existe des sous-lim­ites de sommes d’assurance et/​ou des lim­i­ta­tions de durées de garantie fixées à 90 ou 180 jours.

Enfin, il est impor­tant de pré­cis­er que ce pro­duit sem­ble présen­ter une lim­i­ta­tion pri­maire par sa dénom­i­na­tion puisque celui se nomme « Assur­ance Epidémie ». Cela pour­rait cer­taine­ment sous- enten­dre l’exclusion des cas con­sé­cu­tifs au coro­n­avirus dès lors que celui-ci sera qual­i­fié de Pandémie par l’OMS. Cette hypothèse m’a d’ailleurs déjà été con­fir­mée orale­ment par plusieurs assureurs.

L’extension com­mu­ni­ca­tion en cas de crise en RC Entreprise

En tant qu’entreprise vous pou­vez être tenue respon­s­able de l’origine ou de la prop­a­ga­tion d’une éventuelle épidémie par le biais de votre activ­ité. Si tel était le cas et sous réserve de l’existence d’une cou­ver­ture dans vos con­di­tions con­tractuelles, quelques assureurs Respon­s­abil­ité Civile pro­posent désor­mais la prise en charge des dépens­es néces­saires pour prévenir ou atténuer un dom­mage de répu­ta­tion. Cette cou­ver­ture prévoit tout de même plusieurs con­di­tions et lim­ites puisque d’une part, votre respon­s­abil­ité doit pou­voir être avérée et la cou­ver­ture doit exis­ter et d’autre part des sous- lim­ites de sommes d’assurance sont bien sou­vent applic­a­bles. Cette sous-lim­ite est générale­ment de 50 000.00 CHF.

L’assurance voy­age col­lec­tive pour les déplace­ments professionnels

En tant qu’entreprise, vos employés peu­vent être amenés à effectuer des déplace­ments pro­fes­sion­nels. La présence d’une épidémie sur le lieu de des­ti­na­tion peut per­turber le voy­age avant son com­mence­ment mais égale­ment pendant.

La plu­part des prestataires du marché pro­posent ain­si des cou­ver­tures per­me­t­tant la prise en charge des frais d’annulation ou encore du rap­a­triement. Par ailleurs, des presta­tions peu­vent égale­ment être ver­sées sub­sidi­aire­ment aux assur­ances sociales pour d’éventuels frais médi­caux à l’étranger. Ici aus­si, il con­vien­dra de véri­fi­er vos con­di­tions car quelques prestataires d’assurance voy­age exclu­ent encore les épidémies.

En con­clu­sion

Dans une société où les déplace­ments sont facil­ités et où la dépen­dance économique des sociétés à tra­vers la mon­di­al­i­sa­tion est à son apogée, il est impor­tant de nous rap­pel­er que même si des solu­tions exis­tent, il est néces­saire de se pré­par­er en amont aux risques qui pour­raient sur­venir et impacter notre activ­ité. De plus, une atten­tion par­ti­c­ulière doit être faite sur le thème des épidémies/​pandémies qui né cessent d’être favorisées par la sur­pop­u­la­tion, la déforesta­tion et les change­ments cli­ma­tiques. Pour vous pré­par­er, n’hésitez pas à faire appel à des spé­cial­istes qui pour­ront vous aider à met­tre en place les solu­tions adéquates.

Milon­da Michelotti

Spé­cial­iste avec Brevet Fédéral en Assur­ances Privées

Depuis décembre 2019, le coronavirus a fait son apparition avec pour foyer la ville de Wuhan en Chine, véritable fief stratégique pour nombre d’industries (automobile, électronique, chimie…) et comptant ainsi sur place, de nombreuses entreprises du monde entier dont des entreprises Suisses. Alors que l’impact économique prenait déjà de l’ampleur en gelant les activités de cette zone clé du commerce international, l’épidémie s’est peu à peu étendue dans d’autres pays d’Europe et nous devons dès lors faire face à cette réalité tant sur le plan humain que le plan économique.

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